La réforme fiscale prévue en 2026 suscite des inquiétudes chez de nombreux retraités en France. Alors que le contexte budgétaire reste incertain, plusieurs mesures, en particulier autour de l’abattement fiscal, risquent d’avoir un effet direct sur le montant de l’impôt payé par les retraités. L’enjeu principal : remplacer l’abattement proportionnel de 10 % par une déduction forfaitaire, dont le montant varie selon les débats — entre 2 000 et 3 000 €.
Pour beaucoup, cela équivaut à une baisse de 1 à 2 % du pouvoir d’achat net. Voici ce qu’il faut comprendre.

Sommaire
1. Un contexte budgétaire sous tension
Impact de la réforme fiscale 2026
L’année 2026 débute sans budget voté dans les temps. Pour assurer la continuité de l’État, une loi spéciale provisoire a été mise en place. Cette situation bloque ou ralentit l’adoption de certaines réformes, notamment fiscales.
Dans ce flou, les retraités doivent composer avec des incertitudes : les textes proposés dans le projet de loi de finances (PLF) 2026 ne sont pas encore tous validés. Mais plusieurs pistes, déjà discutées au Parlement, donnent une idée des futurs changements fiscaux.
2. Ce qui change : fin de l’abattement de 10 %
2.1 Le système actuel
Aujourd’hui, les pensions bénéficient d’un abattement automatique de 10 % sur le revenu imposable. Cela réduit le montant soumis à l’impôt et soulage financièrement les retraités.
2.2 La réforme en question
Le PLF 2026 prévoit de remplacer cet abattement proportionnel par une déduction forfaitaire unique, d’abord fixée à 2 000 € par retraité. Cela vise à simplifier le système et à mieux cibler les aides fiscales. Mais les conséquences varient fortement selon le niveau de revenus.
2.3 Une réforme à double effet
- Pour les faibles pensions, un abattement fixe de 2 000 € peut s’avérer plus avantageux que 10 %, ce qui réduit ou annule l’impôt.
- Pour les pensions moyennes à élevées, le nouveau dispositif peut se traduire par une hausse d’impôt : 10 % d’une pension de 3 000 € équivaut à 3 600 € d’abattement, bien au-dessus du forfait envisagé.
3. Amendements en cours : le Sénat relève le plafond
Face à ces critiques, le Sénat propose un relèvement du forfait fiscal à 3 000 € et une protection spécifique pour les pensions inférieures à 2 500 €/mois. Objectif : limiter les effets négatifs sur les classes moyennes.
3.1 Deux exemples concrets :
- Une pension de 1 800 €/mois : l’abattement de 10 % équivaut à 2 160 € par an. Le forfait à 3 000 € serait donc plus avantageux.
- Une pension de 3 000 €/mois : avec 10 %, le retraité bénéficie d’un abattement de 3 600 €. Le passage à un forfait réduit ainsi le montant exonéré et augmente l’impôt à payer.
Donc, les retraités situés au-dessus de la moyenne verront probablement leur fiscalité s’alourdir.
4. Autres mesures fiscales à surveiller en 2026
4.1 Gel du barème de l’impôt
En l’absence de budget voté, le barème de l’impôt sur le revenu ne sera pas revalorisé en janvier 2026. Résultat : si votre pension augmente légèrement, vous pouvez basculer dans une tranche supérieure sans réel gain de pouvoir d’achat.
4.2 Revalorisation des pensions insuffisante
Les pensions de base sont revalorisées de façon limitée (environ +0,9 %), ce qui est souvent inférieur à l’inflation. La hausse des prix continue donc d’éroder le pouvoir d’achat réel des retraités.
4.3 Prélèvements sociaux maintenus
Les retraités restent soumis aux contributions sociales :
- CSG (Contribution Sociale Généralisée)
- CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale)
- CASA (Contribution Additionnelle de Solidarité pour l’Autonomie)
Ces prélèvements peuvent aussi évoluer indépendamment de l’impôt sur le revenu.
5. Bilan chiffré : quel impact en % sur le revenu ?
L’effet net de la réforme dépendra du montant final du forfait. Une estimation courante indique que pour certains retraités, la suppression du 10 % peut entraîner une perte de 1 à 2 % de revenu disponible. Ce chiffre varie en fonction :
- du montant brut de la pension,
- du statut fiscal du foyer,
- et des autres mesures comme le gel du barème.
Pour les pensions autour de 2 500 € mensuels, la variation peut représenter plusieurs centaines d’euros d’impôts en plus par an.
6. Ce qui n’est pas encore tranché
À ce jour, plusieurs éléments restent en discussion :
- Le montant définitif du forfait fiscal.
- Les seuils de protection pour les petites pensions.
- L’éventuelle réintroduction d’avantages spécifiques pour les seniors (comme une demi-part fiscale supplémentaire dans certains cas).
L’Assemblée nationale et le Sénat doivent encore accorder leurs positions.
7. Comment anticiper l’impact fiscal ?
Voici trois actions concrètes à envisager :
1. Vérifiez votre revenu fiscal de référence
Ce montant, indiqué sur votre avis d’imposition, sert à déterminer votre taux de CSG. Il permet aussi de savoir si vous entrez dans certaines tranches fiscales sensibles.
2. Faites des simulations
Comparez les effets d’un abattement de 10 %, d’un forfait à 2 000 € ou à 3 000 €. Utilisez un simulateur d’impôt officiel ou demandez conseil à un professionnel.
3. Consultez un expert fiscal
Un conseiller peut vous aider à anticiper un éventuel basculement de tranche ou à optimiser votre déclaration. C’est particulièrement utile si vos revenus sont proches des seuils.
8. Faut-il s’inquiéter ?
Pas nécessairement. Si vous touchez une petite pension, la réforme pourrait même alléger votre fiscalité. En revanche, si vous avez une pension confortable, vous pourriez constater une hausse d’impôt. Ce n’est pas automatique, mais probable si l’abattement forfaitaire reste inférieur au montant des 10 % actuels.
Le gel du barème et la faible revalorisation des pensions jouent aussi un rôle silencieux mais important : vous ne gagnez pas vraiment plus, mais vous risquez de payer davantage.

L’impact de la réforme fiscale 2026 sur les retraités sera très variable. Les pensions modestes peuvent en sortir gagnantes si le forfait est assez élevé. En revanche, les retraités aux revenus moyens ou supérieurs pourraient voir leur impôt augmenter de 1 à 2 %, parfois plus selon leur situation.
Dans un contexte d’inflation persistante, de gel du barème et de prélèvements stables, la marge de manœuvre est réduite. Il est donc essentiel de se préparer : vérifier son revenu fiscal, simuler les différents scénarios et consulter un professionnel en cas de doute.
