Dans le paysage fiscal français, la liasse fiscale représente un ensemble de déclarations obligatoires que les entreprises soumises au régime réel doivent déposer chaque année auprès de l’administration fiscale. Parmi ces déclarations, les tableaux des amortissements, également connu sous le numéro 2055‑SD, revêt une importance particulière.
Ce tableau permet de rendre compte de l’évolution des amortissements des immobilisations au cours de l’exercice, conformément aux règles comptables et fiscales prévues par le Code général des impôts et le Plan comptable général.
Il constitue un élément essentiel pour justifier la déductibilité fiscale des amortissements, assurer la cohérence entre la comptabilité et les déclarations fiscales, et optimiser la situation fiscale de l’entreprise.

Sommaire
1. La liasse fiscale : cadre général et rôle
La liasse fiscale est l’ensemble des formulaires que les entreprises doivent transmettre chaque année pour déclarer leurs résultats et leurs états comptables. Elle sert à déterminer le résultat fiscal, qui sert de base au calcul de l’impôt sur les sociétés (IS) ou de l’impôt sur le revenu (IR) selon la forme juridique de l’entreprise.
En régime réel normal, la liasse fiscale se compose de plusieurs volets :
- Le bilan comptable (formes 2050‑SD à 2051‑SD) ;
- Le compte de résultat (2052‑SD à 2053‑SD) ;
- Les tableaux des immobilisations et des amortissements (2054‑SD et 2055‑SD) ;
- Les provisions (2056‑SD) ;
- Les créances et dettes (2057‑SD) ;
- Les relevés de résultat fiscal (2058‑A à 2058‑C) ;
- Les éléments complémentaires (2059‑A à 2059‑G).
Tableaux des amortissements (2055‑SD) constitue l’un des éléments clés de cette liasse. Il est étroitement lié au tableau des immobilisations (2054‑SD) qui recense les biens amortissables détenus par l’entreprise et leurs mouvements au cours de l’exercice.
2. Qu’est‑ce que l’amortissement ?
a. Définition comptable
Un amortissement est une dépréciation progressive d’un actif immobilisé qui reflète l’utilisation de ce bien dans le temps. Comptablement, l’amortissement permet d’étaler le coût d’un bien (comme un équipement, un véhicule ou un bâtiment) sur sa durée d’utilisation estimée. Cette opération ne constitue pas un mouvement de trésorerie, mais une charge comptable annuelle qui réduit le résultat imposable.
b. Aimé fiscal
Fiscalement, l’amortissement a une importance majeure car il réduit la base imposable de l’entreprise. Plus l’entreprise amortit rapidement ou sur une durée adaptée, plus elle peut diminuer son résultat imposable sur l’exercice. Toutefois, ces amortissements doivent respecter les règles fiscales en vigueur pour être admis en déduction. Il existe notamment des règles spécifiques concernant certains biens ou certaines méthodes d’amortissement (linéaire, dégressif, exceptionnel, etc.).
3. Tableaux des amortissements (2055‑SD) : structure et contenu
Le tableau 2055‑SD se compose de plusieurs parties, chacune correspondant à une catégorie ou une manière de présenter les amortissements. Ce tableau doit être complété pour toutes les immobilisations amortissables détenues par l’entreprise.
a. Cadre A : situations et mouvements des amortissements techniques
Le cadre A constitue la partie principale du tableau. Il retrace l’évolution des amortissements pour chaque actif amortissable au cours de l’exercice :
- Montant des amortissements au début de l’exercice (solde cumulé à la clôture de l’exercice précédent) ;
- Dotations de l’exercice : ce sont les amortissements de l’année en cours ;
- Diminutions : amortissements afférents aux éléments sortis de l’actif (cessions, dépréciations, etc.) ;
- Montant des amortissements à la fin de l’exercice (cumul après mouvements).
L’objectif est de faire apparaître de manière transparente l’évolution des amortissements pour chaque classe d’immobilisations (immobilisations incorporelles, corporelles, etc.), en distinguant ce qui a été pratiqué et ce qui a été repris à cause de cessions ou de transferts.
b. Cadre B : amortissements dérogatoires
Les amortissements dérogatoires sont des amortissements fiscaux supplémentaires qui ne correspondent pas forcément à l’amortissement comptable traditionnel. Ils peuvent naître de situations particulières telles que :
- L’application d’un amortissement dégressif (période d’emploi accélérée) ;
- Des amortissements exceptionnels liés à des dispositifs fiscaux particuliers ;
- Des différences entre règles comptables et fiscales (durées différentes, valeurs résiduelles, etc.).
Ce cadre permet de ventiler ces mouvements et d’indiquer leurs impacts sur le résultat fiscal.
c. Autres cadres éventuels
Selon les spécificités de certains exercices ou règles fiscales, d’autres cadres peuvent être présents ou mentionnés dans certains plans (amortissements exceptionnels, charges réparties sur plusieurs exercices).
4. Règles de remplissage et points de vigilance
a. Données à renseigner
Pour chaque immobilisation figurant dans le tableau 2055‑SD, l’entreprise doit indiquer :
- La description du bien amortissable (par exemple, machines, bâtiments, véhicules, logiciels, fonds commercial, etc.) ;
- Le montant des amortissements cumulés au début de l’exercice ;
- Les dotations d’amortissement pratiquées au cours de l’exercice ;
- Les amortissements afférents aux éléments sortis de l’actif (cédés, détruits ou transférés) ;
- Le cumul des amortissements à la fin de l’exercice.
b. Données issues de la comptabilité
Les informations à inscrire dans le tableau proviennent directement des comptes comptables :
- Les comptes d’immobilisations (21 pour immobilisations corporelles, 22 pour immobilisations incorporelles, etc.).
- Les comptes d’amortissements (classe 28) qui enregistrent les dotations et cumul des amortissements.
c. Cohérence avec le bilan et le compte de résultat
L’administration fiscale exige que les valeurs cumulées des amortissements dans le tableau 2055‑SD correspondent à celles indiquées dans le bilan comptable et que les dotations correspondantes soient cohérentes avec les écritures de compte de résultat. Toute divergence peut entraîner un redressement fiscal ou une demande de précision de la part de l’administration.
d. Amortissement linéaire vs amortissement dégressif
Deux principaux modes d’amortissement existent :
- Amortissement linéaire : répartit de manière uniforme la valeur amortissable sur la durée prévue du bien ;
- Amortissement dégressif : permet une déduction plus importante en début de vie du bien, sous certaines conditions fiscales spécifiques.
Le choix du mode doit être conforme aux règles fiscales applicables pour que l’amortissement soit accepté comme charge déductible.
e. Amortissements exceptionnels et dispositifs fiscaux
Dans certains cas, des amortissements exceptionnels (ex. amortissement accéléré pour certains investissements ou aides fiscales) peuvent être pratiqués. Ils doivent être justifiés par les textes fiscaux et correctement ventilés dans le tableau 2055‑SD.
5. Exemples pratiques de calculs d’amortissement
Pour illustrer le fonctionnement des tableaux des amortissements, prenons deux exemples simples.
Exemple 1 : amortissement linéaire d’une machine
Une entreprise achète une machine pour 15 000 €, amortissable sur 5 ans selon un mode linéaire. Chaque année, la dotation aux amortissements sera de 3 000 € (15 000 / 5). Après trois ans, le cumul des amortissements atteindra 9 000 €. La valeur nette comptable (VNC) de la machine à la fin de la troisième année sera de 6 000 € (15 000 – 9 000).
Exemple 2 : amortissement dégressif d’un équipement informatique
Supposons qu’un équipement informatique soit amorti selon un mode dégressif avec un taux fiscalement autorisé. En début d’exercice, le cumul des amortissements peut être plus élevé comparé à un amortissement linéaire, car les premières années produisent des dotations plus importantes. L’entreprise inscrit ces dotations plus élevées dans le cadre A du tableau 2055‑SD et mentionne dans le cadre B les différences liées au mode dégressif.
6. Erreurs fréquentes à éviter
a. Omettre certaines immobilisations
Toutes les immobilisations amortissables doivent être intégrées dans le tableau, même si la dotation pratiquée est nulle pour l’exercice. Omettre un bien peut avoir des conséquences fiscales.
b. Calcul erroné des dotations
Une erreur dans le calcul des dotations d’amortissement (par exemple, mauvais taux ou durée) peut fausser le résultat fiscal et entraîner une demande de rectification de l’administration.
c. Incohérence entre comptabilité et liasse fiscale
Les cumuls des amortissements doivent correspondre exactement entre le bilan comptable et le tableau 2055‑SD. Toute discordance peut mettre en évidence des erreurs comptables ou fiscales.
Pour compléter la compréhension des tableaux des amortissements et accéder aux formulaires actualisés, voici les sources principales :Formulaire 2055‑SD (amortissements) disponible sur le site officiel des impôts (impots.gouv.fr). C’est le formulaire que l’entreprise doit remplir et transmettre.
- Documentation fiscale BOFiP qui explique les règles de déduction des amortissements et les indications à fournir dans les tableaux normalisés.
- Articles spécialisés et guides de préparation de la liasse fiscale qui détaillent la structure des tableaux (2054‑SD et 2055‑SD) et les bonnes pratiques.
Des tableaux des amortissements (2055‑SD) est une composante essentielle de la liasse fiscale 2026 en France. Il permet de rendre compte, de manière structurée et normalisée, de l’évolution des amortissements des immobilisations d’une entreprise au cours de l’exercice.
Sa bonne compréhension, son remplissage précis et sa cohérence avec la comptabilité sont des éléments indispensables pour assurer une déclaration fiscale conforme et optimiser la situation fiscale de l’entreprise.
- Télécharger l’ensemble de la liasse fiscale (2050‑SD à 2059‑G‑SD) – millésime 2026
Formulaire n°2050‑LIASSE (liasse fiscale BIC/IS) – impots.gouv.fr
(inclut les tableaux de la liasse fiscale du régime réel normal, dont les annexes 2054‑SD, 2055‑SD pour les amortissements) - Page de recherche pour retrouver plus de formulaires ou notices (dont CERFA 2055)
Recherche « liasse fiscale » – impots.gouv.fr
(tu peux taper « 2055 » pour accéder au formulaire d’amortissements et à sa notice associée)
- Documentation fiscale de l’administration (règles d’amortissement et obligations déclaratives)
BOFiP Impôts – Amortissements et relevé normalisé (tableau 2055)
(explications des cadres et des obligations de fournir un relevé normalisé des amortissements pour les entreprises relevant des BIC/IS) - Présentation de la liasse fiscale et des tableaux compris dedans
Liasse fiscale du régime réel normal (Service‑Public)
(liste des tableaux standards inclus dans la liasse, parmi lesquels le 2055‑SD – amortissements)
- Explication des tableaux des immobilisations et amortissements dans la liasse fiscale
Compta‑Online – Immobilisations et amortissements : tableaux 2054 & 2055
(article qui détaille à quoi servent les tableaux et comment ils s’articulent)

1. Qu’est‑ce que le tableau des amortissements 2055‑SD ?
Le tableau 2055‑SD est un formulaire de la liasse fiscale qui retrace l’évolution des amortissements des immobilisations d’une entreprise sur l’exercice. Il inclut les dotations, reprises et cumuls pour chaque catégorie d’actifs (corporels, incorporels, dérogatoires). Il est obligatoire pour les entreprises soumises au régime réel normal.
2. Quelles entreprises doivent remplir ce tableau en 2026 ?
Toutes les entreprises relevant du régime réel normal (BIC, IS) et possédant des immobilisations amortissables doivent compléter le 2055‑SD dans leur liasse fiscale. Les micro‑entreprises et certaines sociétés exonérées n’y sont pas soumises.
3. Quelle est la différence entre le tableau 2054‑SD et le 2055‑SD ?
- 2054‑SD : recense toutes les immobilisations de l’entreprise (valeur brute, acquisitions, cessions).
- 2055‑SD : retrace uniquement les amortissements de ces immobilisations, c’est-à-dire leur répartition comptable et fiscale sur la durée d’usage.
4. Comment calculer un amortissement linéaire ?
L’amortissement linéaire est calculé en divisant la valeur du bien par sa durée d’usage estimée.
Exemple : une machine achetée 15 000 € amortissable sur 5 ans donnera une dotation annuelle de 3 000 € (15 000 ÷ 5).
5. Qu’est-ce qu’un amortissement dégressif ?
L’amortissement dégressif permet d’accélérer la déduction fiscale en pratiquant des dotations plus élevées les premières années. Il est soumis à des taux et conditions fixés par le Code général des impôts et doit être ventilé correctement dans le tableau 2055‑SD.
6. Quelles erreurs éviter lors du remplissage du 2055‑SD ?
- Omettre une immobilisation amortissable.
- Indiquer un cumul d’amortissements incohérent avec le bilan comptable.
- Appliquer un taux ou une durée non conforme aux règles fiscales.
- Ne pas mentionner les amortissements dérogatoires ou exceptionnels.
7. Où trouver le formulaire 2055‑SD pour 2026 ?
Le formulaire officiel est disponible sur le site impots.gouv.fr, souvent regroupé avec l’ensemble de la liasse fiscale (2050‑SD à 2059‑G). Il peut être téléchargé au format PDF et télétransmis via votre espace professionnel. (impots.gouv.fr – Formulaire 2055)
8. Faut-il un expert-comptable pour remplir ce tableau ?
Il n’est pas obligatoire, mais recommandé, surtout pour les entreprises avec beaucoup d’immobilisations ou des amortissements complexes. Un expert-comptable assure la cohérence avec le bilan et le compte de résultat, et limite les risques d’erreurs fiscales.
9. Les amortissements impactent-ils le résultat fiscal ?
Oui. Les dotations inscrites dans le tableau 2055‑SD réduisent le résultat fiscal, et donc le montant d’impôt sur les sociétés ou sur le revenu à payer, dans la limite des règles légales.
10. Peut-on corriger un tableau 2055‑SD déjà transmis ?
Oui. Si des erreurs sont constatées après transmission, il est possible de déposer une liasse rectificative auprès de l’administration fiscale pour corriger les valeurs des amortissements.
